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Celui qui écrit, conçoit et répond

Jimenez Julien, auteur de Veilleor

Je conçois des logiciels de métier pour des structures qui n’ont ni direction des systèmes d’information, ni budget de conseil, ni marge d’erreur le jour où quelque chose arrive. Veilleor est né d’un mois de juin passé à regarder une commune tenir sa permanence d’appels avec un classeur et cinq téléphones.

Portrait de Jimenez Julien, fondateur de MLJ et auteur du logiciel Veilleor

En deux phrases

Je m’appelle Julien Jimenez, je dirige MLJ, une société d’édition de logiciels immatriculée à Paris, et j’écris seul les produits que je publie, du premier écran jusqu’à la ligne d’assistance. Veilleor est celui qui m’a demandé le plus de temps passé assis à côté des gens qui allaient s’en servir.

Un mois de juin dans un secrétariat de mairie

Le point de départ n’est pas une étude de marché. C’est une commune de 4 200 habitants, un lundi de juin, et une secrétaire de mairie qui sort d’un placard le classeur du registre nominatif des personnes âgées, handicapées et isolées. Le courrier d’information annuelle venait d’être posté. Les retours arrivaient par téléphone, sur des bouts de papier posés sur le comptoir de l’accueil, et le tableur de référence dormait sur un poste de travail que deux personnes savaient ouvrir.

J’ai demandé ce qui se passerait si la préfecture déclenchait la vigilance orange le jeudi. La réponse a été honnête et elle m’a suivi longtemps. On appelle, on se répartit les pages, on note au crayon, et on espère que personne ne manque à l’appel. Puis la même personne a ajouté une phrase que j’ai notée mot pour mot : si quelqu’un meurt, je ne sais pas ce que je montre.

J’ai passé les semaines suivantes dans trois autres communes et dans un centre intercommunal d’action sociale. Partout la même chaîne, et partout la même rupture. Le registre existe, l’obligation d’information annuelle est respectée, le plan communal de sauvegarde est écrit et rangé. Mais entre le message de la préfecture et le retour d’expérience réclamé trois semaines plus tard, il n’y a rien qui tienne debout tout seul, rien qui garde l’heure, rien qui dise qui a appelé qui.

Ce que j’ai vu et qui n’était écrit nulle part

La première chose, c’est que le problème n’est pas la diffusion de l’information. Les communes savent envoyer un message à toute leur population, et beaucoup ont déjà un outil pour cela. Le problème est ailleurs : il est dans le contact individuel avec une centaine ou un millier de personnes fragiles, dans la répétition des tentatives, et dans la décision d’envoyer quelqu’un sonner à une porte.

La deuxième chose, c’est la richesse des informations que les agents détiennent et que le fichier ne contient pas. Le fils qui habite à quarante kilomètres et qui répond toujours. La voisine du premier qui a la clef. L’étage sans ascenseur. Le chien qu’il faut sortir si la personne est hospitalisée. Le concentrateur d’oxygène qui a besoin d’électricité. Ces éléments sont dans la tête de deux ou trois personnes du service, et ils disparaissent le jour d’un départ à la retraite ou d’une mutation.

La troisième chose, c’est le téléphone. Les appels se passent debout, dans un couloir, dans une voiture, dans une cage d’escalier sans réseau, en plein soleil. Tout ce qui demande de saisir un formulaire de douze champs sur un écran mal éclairé ne sera pas fait, ou sera fait le soir de mémoire, ce qui revient au même. C’est de cette observation qu’est venue la contrainte que je me suis imposée : trois appuis pour enregistrer une tentative, et rien de plus.

La quatrième chose, enfin, c’est la place de l’échelon intercommunal. Une commune de 1 800 habitants n’a pas de quoi porter un projet informatique. Un centre intercommunal d’action sociale, lui, délibère une fois et couvre vingt communes. C’est pour cette raison que Veilleor a une console de territoire dès sa première version, et non trois ans plus tard.

Pourquoi j’ai écrit cet outil précis

Il existe des logiciels de gestion de crise, souvent excellents et souvent conçus pour des services de sécurité civile disposant d’un poste de commandement. Il existe des applications d’information citoyenne, qui poussent un message à des habitants abonnés. Entre les deux, la commune reste seule avec la partie la plus humaine et la plus exposée juridiquement de son obligation : joindre une à une les personnes inscrites au registre, et prouver qu’elle l’a fait.

Veilleor ne fait que cela. Il ne diffuse aucune alerte de masse, il ne se substitue pas au plan communal de sauvegarde, il ne prétend pas piloter un événement de sécurité civile. Il tient le registre, il construit le plan d’appel, il organise l’escalade jusqu’à la visite à domicile assignée, et il produit un compte rendu horodaté que le maire peut signer sans avoir à reconstituer quoi que ce soit.

J’ai fait un choix qui n’allait pas de soi : ne jamais automatiser la décision d’aller voir quelqu’un. Le logiciel propose, classe, rappelle, insiste, mais c’est un agent qui décide et c’est son nom qui figure dans le journal. Sur un sujet de vie ou de mort, il m’a semblé important que la responsabilité reste identifiable, et que l’outil serve la personne qui la porte au lieu de la diluer.

Méthode de travail et convictions produit

Je travaille avec un petit nombre de collectivités à la fois, et je réponds moi même aux demandes d’assistance. Cela impose une discipline simple : ce qui n’est pas utile un jour de vigilance orange n’entre pas dans le produit. Chaque écran doit se comprendre par un agent qui n’a pas eu de formation depuis onze mois et qui ouvre l’outil sous pression.

Trois convictions guident les arbitrages.

La première, c’est que la preuve vaut autant que l’action. Une commune qui a bien travaillé sans pouvoir le montrer est aussi exposée qu’une commune qui a mal travaillé. L’horodatage, le nom de l’appelant et le commentaire libre sont donc au cœur du modèle de données, pas des options.

La deuxième, c’est que la donnée de vulnérabilité est une donnée sensible qui appartient aux personnes, pas au service. D’où le journal de consultation nominatif, la durée de conservation paramétrable, la radiation qui efface réellement, et le cloisonnement strict entre communes d’un même territoire. Je préfère une fonction en moins qu’une donnée qui circule sans raison.

La troisième, c’est que le prix doit tenir dans une ligne budgétaire votée en février par un conseil municipal. Un abonnement à 39 euros hors taxes par mois pour une petite commune n’est pas une facilité commerciale, c’est la condition pour que l’outil existe dans les communes qui en ont le plus besoin et le moins de moyens.

La société qui édite Veilleor

Veilleor est édité par MLJ, société par actions simplifiée à associé unique au capital de 500,00 euros, immatriculée au registre du commerce et des sociétés de Paris sous le numéro 934 769 837 depuis le 30 octobre 2024. J’en suis le fondateur et le directeur de la publication. MLJ publie plusieurs logiciels de métier destinés à des professions et à des collectivités qui travaillent avec des moyens comptés.

L’engagement est le même sur tous les produits : pas de mesure d’audience sur le site, pas de revente de données, pas de contrat qui se renouvelle sans que vous l’ayez décidé, et une adresse à laquelle une personne répond. Pour Veilleor, cette adresse est jimenezjulien42@gmail.com, et le délai de réponse passe à deux heures pendant un épisode de vigilance en cours.

Parler du sujet avant d’en parler du produit

Si vous préparez la saison estivale, la reprise d’un registre ancien ou un exercice de plan communal de sauvegarde, écrivez même si vous n’envisagez aucun achat. Les échanges avec les directions de CCAS et de CIAS nourrissent directement les arbitrages du produit, et cela vaut largement le temps que j’y passe.

Écrire à l’auteur

Ce que j’écris entre deux saisons

Mes articles dans Le Cahier de veille communale

Les neuf articles du magazine de Veilleor sont parus le 3 septembre 2026. Ils reprennent ce que j’ai vu dans les secrétariats de mairie et les centres communaux d’action sociale, sans rien avancer que je ne puisse rattacher à un texte ou à une pratique observée.

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